Petits arrangements avec le réel

Petits arrangements avec le réel

La peinture, est-ce comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale?

En dessin en revanche, il y a peu de place à la tricherie, quand on cherche à capter le motif. D’où la fameuse citation de Jean-Dominique Ingres  » Le dessin est la probité de l’art ».

« Nature Morte au Pichet », graphite et rehauts craie, 34 x 25 cm, 2021

Et c’est Boileau qui nous permettra de nous rapprocher de cette recherche de transcription du réel*.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, 
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, 
Polissez-le sans cesse, et le repolissez, 
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

Même si ces quelques vers s’adresse initialement aux poètes et trouve sa place dans « L’art poétique », il s’applique de manière évidente au dessin et à la peinture.

Simplicité n’est pas simple et grande est la tentation de surajouter. Noircir les silences, remplir l’espace, comme le comblement d’un vide, de ce qui nous relie en définitive. Dans cette quête du toujours plus, il est une ligne différente, qui implique une forme de solitude et de descente en soi-même. Refuser de remplir l’espace, se confronter au vide, l’appréhender pour, éventuellement, mieux se mettre à nu.

*réel qui sera différent pour tout un chacun. 7 milliards d’individus seront 7 milliards de vues différentes, d’approches différentes, d’interprétation différentes : en paraphrasant Daniel Bélanger : « 7 milliards de solitudes, 7 milliards ça fait beaucoup de seuls ensemble ».

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